Origine & Consonance des Mots

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Regardons de plus près le pouvoir de nos mots, car le Verbe est créateur bien que nous ayons tendance à l’oublier. Le mot peut faire et défaire, élever ou dévaloriser, une phrase peut guider ou égarer.Les mots ont le pouvoir de transformer des vies ou de les détruire. Chaque mot, évoque des sentiments différents. Les mots nous influencent, ils ont une propriété vibratoire. Ce n’est pas les mots en eux-mêmes qui ont de l’impact, mais bien la réaction émotionnelle derrière les mots. Les mots sont des symboles qui activent des boutons poussoirs en nous, selon notre sensibilité émotionnelle. Différents mots peuvent éveiller différents maux. Regardez toujours les définitions originelles des mots que vous utilisez parce que nous avons tendance à mal les identifier et à mal les interpréter, ce qui fait que nous adoptons des mensonges sur leur sens.

Étymologie des Mots & sens réel des mots


  • Argent: du latin argentum : l’argent (le métal). Comme l’or, l’argent était extrait par les esclaves pour la plupart captifs de guerre (dont l’espérance de vie dans les mines était très faible), et servait à fabriquer la monnaie. Celle-ci était à l’origine consacrée aux dieux : « monnaie » vient de Juno Moneta, divinité romaine près du temple de laquelle on frappait la monnaie. La monnaie métallique fut largement promue par les Etats antiques de façon à rémunérer les soldats.

 

  • Banque: vient du mot “banc”, “table” qui signifie initialement un “comptoir de vente”. Notre “banque” nous vient de l’Italien “banca” qui était la table de change, un comptoir. Ce “comptoir” est le terme qui nous vient des “trapezai” grecs qui changeaient et prêtaient de l’argent. Ce terme deviendra “mens” (table) en latin puis “banca” en italien. En Grèce on nommait “trapeza” la table sur laquelle on exposait les esclaves pour les vendre, et désignait également le comptoir d’un marchand et, en particulier les comptoirs d’un banquier. Les Banquiers Grecs se nommaient ainsi des “trapezai”, du Grec “τραπεζα” (trapeza): Ce mot signifie table à “quatre pieds” qui servait alors de comptoir. Ce même mot, sera transposé en “mesa” (la table) en latin et “banca” plus tard en Italien pour ensuite devenir notre “banque” puis “bench” et enfin “bank” en Anglais via le saxon. Le “mesos” Grec, qui donnera “mesa” latin (au sens de “la table”) , puis “mensa” signifie, “ce qui est au milieu”.

 

  • Capital: captal, capdal, capital, cheptel ; de capitalis, de caput, “tête”, “principal”. Capitale, le capital, a donné cheptel. Latin “capitalis”, de “caput”, la tête, au sens possession d’animaux (“cheptel”). Le sens économique est apparu au XVIe siècle. Le principal membre français de cette famille est, comme il se doit, le nom chef, issu d’un lat. populaire *capum, forme altérée du classique caput gén. capitis, « tête ». On ne retrouve cet élément tel quel qu’en composition dans couvre-chef, sous-chef, et chef-d’œuvre, et comme radical dans chefferie et cheftaine. Dans les autres mots qui lui sont apparentés, comme chevet et achever, le radical -chef- devient -chev-.

 

  • Chèque: du persan shah : le roi.

 

  • Chiffre (d’affaire, etc.): de l’arabe ṣifr : le vide, via le bas-latin cifra : zéro.

 

  • Chômage: du bas-latin caumare, se reposer pendant la chaleur, faire une sieste. Terme lui-même dérivé du grec kauma, la chaleur, qui a aussi donné le mot « calme ».

 

  • Commerce: du latin cum- (avec), et merx : le salaire, le coût d’un acte honteux ou illégitime, le châtiment, le préjudice, la rente (qui a aussi donné le mot « marché »).

 

  • Conscience: du latin conscientia : connaissance partagée avec un autre.

 

  • Crédit: du latin credere : croire (en dieu), par extension prêter (croire au remboursement d’une somme prêtée). Créance a aussi pour origine credentia : la croyance, et par extension la confiance. Le terme « fiduciaire » vient aussi de fides : la foi.

 

  • C.V. : du latin curriculum vitae : course de la vie. On peut aussi comprendre « course pour la vie », car curriculum désigne aussi la lutte à la course, la lice, l’hippodrome ou le char de guerre.

 

  • Cyber-: cyber- signifie piloter, gouverner. Ce préfixe indique maintenant une utilisation du réseau internet : un cybercafé, une cybercaméra (= une webcam), une cybercriminalité, une cyberculture (= une culture développée et véhiculée par internet), un cyberespace ou cybermonde (= un espace virtuel), une cyberguerre (= une attaque de services informatiques), un cybernaute (= un internaute). Il y a donc deux sens pour cybernétique et cybernéticien. D’une manière générale, le « cyber » (du grec kubernân, signifiant diriger et ayant donné « gouverner »), désigne toute la mouvance socio-culturelle éprise de technologie, de communication et de musique électronique (techno), le tout sur un rythme syncopé.

 

  • Économie: La notion même d’économie vient du grec oikos et nomos, soit les « normes » qui permettent au maître de régir et d’administrer sa « maison », son domaine, sa femme (enfermée dans le gynécée) et ses esclaves (eux aussi isolés, et rentabilisés au maximum comme des machines). Xénophon a popularisé cette notion dans son livre L’économique, qui a connu un regain d’intérêt à la Renaissance, ère de l’avènement politique de la bourgeoisie. Xénophon y expose les moyens d’augmenter la productivité et la rentabilité du domaine, par la gestion autoritaire du maître. Xénophon était un chef militaire grec, aux idées aristocratiques et monarchistes. Il s’opposait à la notion de démocratie. Cette dimension philosophique et politique très autoritaire de l’économie, liée à l’exercice de la religion et de l’éducation, sera reprise et accentuée dans Les économiques du pseudo-Aristote. L’économie est un choix politique, ses mots nous le confirment.

 

  • Emploi: du latin implicare : plier, envelopper, entortiller, emmêler, lier, placer dans l’embarras et la confusion.

 

  • Fiscalité: Savez-vous que le mot fisc provient du mot latin « fiscus » qui désignait un petit panier destiné à presser le raisin ?  D’où l’usage de l’expression « pression fiscale ». Déjà du temps des Romains, les individus étaient pressés comme ….du raisin. Par la suite le mot « fiscus »  fut assimilé au Trésor personnel de l’empereur Auguste, trésor alimenté par l’ensemble des dépôts faits par les citoyens romains, puis devint le  Trésor public.  Le « fiscal », qui désigne aujourd’hui en Espagne le magistrat du ministère public, était à l’époque des Romains ce charmant personnage autorisé à pratiquer la torture. Quant à l’action d’exiger l’impôt, elle s’appelait  « exactio ». L’ « exactor » était celui qui recouvrait l’impôt, qui pratiquait l’exaction. C’est dire si ce personnage était populaire ! Littéralement le mot « exigere » signifiait « pousser dehors », c’est-à-dire contraindre,  souvent par la force à faire sortir un bien du patrimoine du contribuable. L’origine et les dérivés du mot impôt ont aussi de quoi nous interpeller. Le mot impôt provient vient du terme latin « imponere » qui veut dire imposer. Jusque-là rien de bien particulier. Ce qui est en revanche plus original, c’est que ce terme a donné naissance à celui d’ « imposteur » terme qui désignait en France la personne chargée de récolter l’impôt, de pratiquer l’imposture. Si cet usage n’avait, du temps de nos ancêtres, aucune connotation péjorative, force est de constater que les siècles ont forgé un tout autre sens à l’expression. L’imposture est une duperie.  Nous laissons au lecteur le soin d’apprécier comment interpréter ce glissement sémantique. En tout cas, ces quelques exemples révèlent que l’origine de la terminologie fiscale ne repose nullement sur des idées de justice ou d’équité mais sur une lexicologie basée sur la violence, voire la brutalité. (Source : Pierre François Coppens)

 

  • Identité: Au XVIIe siècle Le dictionnaire de l’Académie définit “Identité” comme : Ce qui fait que deux ou plusieurs choses ne sont qu’une mesme. Le Dictionnaire du moyen français donne : “Identité : Unité en substance cause ydemptité, c’est a dire que les choses qui sont unies en substance et d’une substance sont equales et pareilles en substance.” De “ydemtite” Emprunté du bas latin identitas, “qualité de ce qui est le même”, dérivé du latin classique “idem” ou “iidem”, “le même”. La vrai question est le même de qui, de quoi?

 

  • Investissement: du latin investire : revêtir, garnir, qui par extension signifie entourer, cerner militairement de façon à priver les assiégés d’entrée ou de sortie.

 

  • Matrice: Le mot matrice est formé sur le mot latin “mater”, mère. Il apparaît en français au XIIIe siècle dans son sens anatomique d’utérus. Cependant, comme on enregistrait les enfants à la naissance, il désigna bientôt le registre où on les inscrit. Ceci explique les mots matricule et immatriculation. Avec les débuts de l’imprimerie, matrice se met à désigner le moule à imprimer sur lequel on place les caractères. Les matrices apparaissent en fait avec Cauchy, mais surtout avec Cayley vers 1845. C’est tout naturellement que ce dernier nomme matrice le tableau où l’on enregistre les composantes des applications linéaires.

 

  • Mental: Les deux principaux ancêtres latins de cette famille sont le nom mens, gén. mentis, « esprit, intelligence » et le verbe mentiri, « mentir ». En sont issus tous les mots français en -ment-, -mens- et -mence. D’autres importants ancêtres latins sont le verbe monere, « rappeler, faire souvenir », et le nom monstrum, « avertissement des dieux, signe prémonitoire, prodige ; objet exceptionnel, être surnaturel ; démon ». En sont issus un certain nombre de mots qui se reconnaissent à leur radical -mon-.

 

  • Métier: Ce mot (d’abord “menestier”, puis “mistier” et enfin “mestier”) est le doublet courant de ministère. Il est issu du latin “ministerium”, “fonction de serviteur, service, fonction”. Le mot désigne d’abord le “service de Dieu”, le “service du culte”, “puis l’ensemble des pratiques religieuses”, la “célébration des cérémonies du culte”. A la fin du XIIe siècle, une femme de mestier est une “prostituée”.

 

  • Négoce, négociation: du latin neg-otium, le travail, le devoir, les obligations. On remarquera qu’il s’agit d’une notion négative : il s’agit de la négation, de l’absence, de la privation de otium, le loisir, l’activité libre, le temps libre (qui a donné le terme péjoratif « oisiveté »).

 

  • Négatif: C’est un terme dogmatique qui signifie : celui “qui nie”.

 

  • Passion: Le mot passion vient du mot grec “souffrance” et de “marthyr”, en référence à la crucifixion et souffrance du christ. Si vous voulez être cloué sur la croix, suivez votre passion. (Passion provient du latin patior, pati, et homonyme grec pathos, signifiant la souffrance, le supplice, état de celui qui subit, passivité. Elle est différente des connotations actuelles populaires de la passion qui sont associées à la romance et qui la font généralement voir en tant qu’émotion de joie. source – Wikipédia).

 

  • Patron: du latin pater : le père, suivi du suffixe diminutif -on, soit « petit père ». A Rome, le père détenait le pouvoir sur la famille et les esclaves (le « pater familias ») d’où le terme dérivé à connotation politique, le patricien, membre de la classe dominante seule autorisée à accéder aux magistratures.

 

  • Potentiel: Les trois grands ancêtres de la branche latine sont les mots potens, « puissant », part. prés. du verbe posse, « pouvoir », l’adjectif possibilis, « possible », et le verbe possidere, « posséder », composé de pos- et de -sedere, « s’asseoir, siéger » (voir Curiosités). Les mots français qui en sont issus se distinguent par les radicaux -poten- ou -poss- . La branche grecque se limite au seul nom δεσποτης, despotès, « maître de la maison » (< dems-pote), d’où sont issus despote et ses dérivés, despotique et despotisme.

 

  • Privé: du latin privare : isoler, séparer, priver de, dépouiller.

 

  • Salaire: du latin salarium (dérivé de sal : le sel), qui désigne la ration de sel donnée aux soldats de l’armée romaine, puis la solde qui leur était versée pour se procurer des vivres, puis une rémunération en général.

 

  • Secrétaire: Vient bien entendu du latin, du mot latin « secretus » signifiant « séparé, mis à part, caché ». Le secrétaire est celui qui détient les secrets.

 

  • Service : du latin servitium : esclavage, servitude, joug. Servus : esclave. Servire : être asservi.

 

  • Solde(s) : de l’italien soldo, le salaire du soldat, par extension l’indemnité donnée au soldat.

 

  • Taxe : Provenç. taxar ; espag. tasar ; portug. taixar ; ital. tassare ; du lat. taxare, taxer, blâmer, proprement toucher souvent, fréquentatif de tagere pour tangere. Toucher brutalement, frapper, attaquer, blâmer, et par dérivation, fixer un prix.

 

  • Travail: en ancien français : tourment, souffrance. Vient du latin tripalium : instrument d’immobilisation et de torture à « trois pieux », où étaient attachés les esclaves récalcitrants. En russe, travail se dit rabota (de rab : esclave). Le terme a donné le mot « robot ».

 

  • Usure: Provenç. espagn. et ital. usura, du lat. usura, de usum, supin de uti, “se servir”. Si l’on se réfère à la définition de ce mot, nous pouvons constater qu’il invoque l’intérêt, le profit qu’on exige d’un argent ou d’une marchandise prêtée, au-dessus du taux fixé par la loi ou établi par l’usage en matière de commerce. Proprement, toute espèce d’intérêt que produit l’argent.
2018-02-27